La Chapelle Sainte Agnès





Son histoire, sa restauration


















Isolée sur une colline à un km au nord du village, la chapelle, sobre, digne et accueillante porte l’empreinte de l’art provençal avec son chevet pentagonal éclairé de ses trois baies absidiales à simple ébrasement.

L’abside :

malgré son aspect homogène, les personnes ayant étudié Ste Agnès ont mis en évidence la succession de deux monuments d’époques différentes.
En effet, à un édifice primitif de plan rectangulaire, une abside pentagonale surbaissée a été ajoutée au XIIème siècle.
Son aspect extérieur est d’un dépouillement exemplaire.
Son mode de construction, un petit appareil sommaire noyé dans du mortier, est typique du premier roman provençal.



St Paulet : Chapelle Ste Agnès


A l’intérieur se manifeste un désir de décoration plus poussé :
nous remarquons particulièrement l’abside formée de cinq arcatures à double voussure en pierres taillées retombant sur des pilastres curieusement évidés.
Les chapiteaux qui les surmontent, ou qui servent de cul-de-lampe aux retombées des arcs, sont sculptés de têtes archaïques (masque humains isolés ou par deux) qui évoquent l’art gaulois (cf. André Varagnac.
L’art Gaulois Ed. Zodiaque).

Roland Conte, attire l’attention des personnes présentes sur le banc en pierre qui court autour de la base de l’abside, précisant qu’il est une des caractéristiques, avec les « arcatures lombardes », du premier art roman, influencé par l’art lombard.
Il indique que ce fait est rarement remarqué car, souvent, le sol a été exhaussé et le « mur bahut » ou « banc lombard » est dissimulé dans l’élévation du chœur ou masqué par un autel (c’est le cas à Donzère).
L’art triomphal, qui assure la liaison entre l’abside et la nef était à l’origine, malgré son aspect actuellement aplati ; un arc en plein-cintre.
En effet, sa déformation est la conséquence de l’affaissement et le voûte et du clocheton qui, lors des restaurations, n’ont pu être entièrement rectifiés.

La nef à deux travées

- les murs gouttereaux sont construits dans le même appareil que l’abside ;
- les six arcs existants dans la nef sont en arc brisé, ce qui montre bien que, si le gros œuvre date de l’époque romane, la voûte au moins a dû être refaite plus tard,
ce que démontrent clairement :
• l’arc doubleau au milieu de la nef,
• l’arc accolé au pignon de la façade Ouest,
• les quatre arcs de décharge latéraux.



Chapelle Ste Agnès : Modillon à tête humaine


Notre guide nous signale aussi l’existence, sous l’église, d’une réserve d’eau.
En effet, lors de fouilles, on a découvert, peu après l’entrée, sur la gauche, l’emplacement d’un ancien puits.
Ce détail, ajouté a l’emplacement excentré de la chapelle, située à l’écart du village et au milieu du cimetière, laisse à penser qu’elle a pu être érigée sur un lieu de culte préchrétien.
Le culte processionnel anciennement attaché à saint Agnès est un élément de confirmation de cette hypothèse.


La façade et les portes


La porte d’entrée de la chapelle s’ouvre sur la façade Ouest mais on note les traces de plusieurs autres portes murées, visibles dans les murs gouttereaux, ce qui laisse à penser que la chapelle a fait partie d’un ensemble plus important de bâtiments dont il ne reste rien.
L’une de ces portes s’ouvrait au Sud, sur l’ancien cimetière transformé maintenant en esplanade.
De fins contreforts au Nord et au Sud, à hauteur de l’arc triomphal, soutiennent la chapelle.
Ils n’ont cependant pas été suffisants pour éviter l’affaissement de la voûte qui a bien failli en en traîner l’effondrement.


Le clocher dit « lanterne des morts »


Venons-en maintenant à ce petit clocher rectangulaire qui donne son aspect si caractéristique à la chapelle Ste Agnès et son air de ressemblance avec Trignan.
Placé au niveau de l’arc de chœur, il s’ouvre par quatre baies, hautes et étroites, il est coiffé d’un petit toit conique, surmonté d’une croix de fer.
Il fut probablement ajouté au XVIIème siècle (nous savons que celui de Trignan fut érigé en 1635 lors des réparations faites par les Chevaliers de St Jean d’Artignan, après les dévastations des guerres de Religion).
Sa légère inclinaison vers le Sud est la conséquence de l’affaissement de la voûte.
La tradition locale voudrait qu’il ait été « une lanterne des morts ».
Nous avons abordé ce mystérieux sujet lors de notre voyage en Charente où ce type de monument est répandu.
Il s’agit généralement de constructions importantes, évoquant de hautes cheminées, distinctes des églises et érigées au cœur d’un cimetière (les « lanternes des morts » sont surtout connues dans l’Ouest de la France mais nous en connaissons quelques unes dans le Centre et dans l’Est : haute savoie.
Leur étude de même que leur symbolique est complexe et reste à faire.
Certaines étaient assez grandes pour contenir un étroit escalier afin d’accéder au lanternon destiné à recevoir une flamme.
Cette flamme était une sorte de phare censé indiquer aux âmes errantes la présence d’un cimetière et les empêcher de divaguer et de déranger les vivants).
Il existe aussi des « lanternes des morts » beaucoup plus modestes.
La chapelle Ste Agnès, comme celle de Trignan, était une chapelle de cimetière. Sous réserve de plus amples investigations, sa présence au milieu d’un cimetière, sur une butte, à l’écart du village, pourrait accréditer l’idée d’une « lanterne des morts ».




Chapelle Ste Agnès : Modillon à tête humaine


Avant de poursuivre notre visite, M.Guigue avait prévu un sympathique accueil chaleureux dans sa maison familiale de La Sihole.
Un caveau y a été aménagé avec beaucoup de goût pour présenter les productions de la propriété : bénéficiant de l’A.O.C. Côtes du Rhône, le domaine produit depuis 1925, à base de Syrah, de Grenache et de Carignan, d’excellents vins rouges, rosés et blancs, ainsi que des jus de fruits (pomme, abricot, raisin et kiwi).
Après avoir remercié nos hôtes, nous rejoignons notre car pour nous rendre au village de St Paulet.
Association de la chapelle Saint Agnés


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